Les traducteurs et interprètes sont-ils menacés par l’arrivée du nouveau Google Meet ?

Le domaine des nouvelles technologies étant particulièrement rentable, les entreprises investissent, développent et innovent. En Suisse en 2019, 22,9 milliards de francs furent dépensés dans la recherche et le développement, ce qui représente 3,15% du PIB national, et témoigne de l’importance qu’accorde la Suisse au développement et à l’innovation. C’est ainsi qu’après de successives prouesses en termes de traduction et de communication, Google s’assura des résultats, des performances et une efficacité notable. Ainsi, Google innova et lança GOOGLE MEET en 2019, puis la fonctionnalité sous-titres en direct en 2022.

 

I – Concrètement, qu’est-ce que Google Meet ?

En quelques mots, Google Meet est une plateforme de visioconférence en haute qualité, qui n’était réservée jusque-là qu’aux professionnels. Maintenant, toute personne possédant un compte Google peut créer une réunion en ligne de 60 minutes maximum avec jusqu’à 100 participants. Les entreprises, les établissements scolaires et les autres organisations peuvent profiter de fonctionnalités avancées, comme l’organisation de réunions avec jusqu’à 250 participants et le streaming en direct pour 100’000 utilisateurs.

Mais la nouveauté de cette plateforme est qu’il est désormais possible de bénéficier d’un sous-titrage en direct lors des réunions en visioconférence. Ce service n’est cependant pas gratuit. En effet, les sous-titres en direct de Google sont disponibles pour les réunions organisées par les personnes ayant souscrit un abonnement Workspace haut de gamme, notamment Workspace Business Plus, Enterprise Standard, Enterprise Plus, Teaching & Learning Upgrade et Education Plus. Il faut compter environ 16 CHF par mois.

 

II – Les limites du sous-titrage automatique de Google

Cette nouvelle fonctionnalité de Google, qui se veut inédite, est pour l’instant limitée puisqu’elle ne prend que l’anglais comme langue de départ et le sous-titrage n’est disponible que vers 4 langues uniquement: espagnol, portugais, allemand et français. Pour l’heure, Google n’a pas encore annoncé de fonctionnalité permettant de traduire automatiquement les réunions depuis une autre langue, ce qui limite fortement l’utilisation du sous-titrage.

Par ailleurs, en plus de ne pas être utile pour tout le monde, la traduction automatique de Google n’est pas accessible à tout le monde, cette fonctionnalité n’étant disponible qu’avec un abonnement particulièrement onéreux. Pour en profiter, les administrateurs devront également s’inscrire à la version bêta et activer la fonctionnalité.

Enfin, concernant le service de sous-titrage en lui-même, nous avons pu constater que ce dernier présente des défauts. En effet, il est nécessaire de réussir à lire rapidement les sous-titres, ils apparaissent et disparaissent très rapidement et en quantité limitée. Les mots sont dans un premier temps proposés de manière grammaticale puis sont contextualisés avec le reste du discours. Ils changent donc en cours de lecture et sont parfois inexacts. L’accessibilité et la précision sont les principales failles de cet outil. A ce jour, cette fonctionnalité reste donc essentiellement pratique pour les personnes malentendantes ou pour suivre une réunion sans avoir de casque ou de haut-parleurs à disposition.

 

III – Google Meet menace-t-il vraiment les traducteurs et les interprètes ?

L’amélioration de la traduction automatique avec les sous-titres proposés par Google Meet est une menace pour les traducteurs et interprètes « humains ».

D’un côté, la traduction automatique représente une menace, car elle permet un gain de productivité, une réduction des coûts et enfin une augmentation du volume de traduction. En effet, cet outil traduit rapidement, et de manière de plus en plus exacte. Google Meet est donc un concurrent de taille par rapport aux autres plateformes de visioconférence où l’intervention d’un interprète humain est nécessaire. Cependant, à un niveau professionnel, la présence de l’humain reste tout de même requise et préférable. Par exemple, lorsqu’un texte à traduire traite d’un domaine précis, la technologie ne pourra pas, à elle seule, maîtriser et contextualiser tous les termes. Alors qu’un traducteur sera en mesure de comprendre et adapter sa traduction selon un contexte, des préférences, des coutumes…

D’un autre côté, la technologie peut s’avérer être un support, un outil pour le traducteur. Elle ne sera ainsi pas une menace, mais un bonus. Le traducteur pourra alors s’appuyer sur la traduction automatique afin d’aller plus vite ou d’effectuer des vérifications.

 

Pour résumer, les nouveaux sous-titres de Google Meet sont une innovation importante de cette année, marquée par une hausse notable des visioconférences. Ils viennent bousculer le marché de la traduction et mettre en difficulté les traducteurs et interprètes. Leurs avantages en termes de temps, de coûts et de praticité ne sont pas négligeables. Cependant leurs faiblesses excluent certains individus et peuvent en induire d’autres en erreur avec des traductions erronées.

Dans le futur, davantage de langues devront pouvoir être gérées, à la fois comme source et comme langue d’arrivée, pour augmenter les possibilités de traduction. Aujourd’hui faire appel à des traducteurs et interprètes reste toujours nécessaire pour celles non traitées.

Vous l’aurez compris, la qualité est encore loin d’avoir atteint les capacités de l’interprète humain qui aura le contexte, la spécialisation, qui pourra choisir les termes les plus appropriés et mettre de l’émotion.

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