Les évolutions technologiques récentes ont bouleversé nos vies quotidiennes au cours de ces 10 dernières années, et leur développement laisse présager un avenir où la technologie accompagnera nos moindres faits et gestes.

Mais faut-il voir leur omniprésence comme un accès illimité à des connaissances infinies, ou comme la fin de la nécessité d’apprendre ?

Prenons une situation qui parlera à grand nombre d’entre nous : l’apprentissage d’une langue. Lorsque j’ai commencé à apprendre l’anglais, j’avais un dictionnaire, un livre de grammaire et, les jours où j’avais de la chance, quelques DVD en anglais. Aujourd’hui, l’intelligence artificielle, la réalité augmentée et la réalité virtuelle offrent de nouvelles façons d’apprendre. Par exemple, Google propose un casque audio qui interprète les phrases en temps réel grâce à Google Traduction.

Il n’y a aucun doute là-dessus : la technologie facilite l’apprentissage des langues et propose des solutions et des outils innovants. Pourtant, beaucoup d’utilisateurs sont encore sceptiques vis-à-vis de la traduction ou de l’interprétation automatiques, et ce pour une raison simple : l’IA ne peut saisir les nuances humaines et culturelles qui sont omniprésentes dans la langue. Dans son livre « Head in the Cloud » (« La tête dans le Cloud »), William Poundstone soutient que bien que nous n’ayons jamais vécu dans un monde où l’information était si facilement accessible, nos connaissances s’amoindrissent et nous sommes très souvent mal informés (2016).

Contrairement aux mathématiques, les langues ne sont pas figées et évoluent constamment au rythme des cultures et des sociétés. Ce ne sont pas seulement des mots agencés dans des structures grammaticales rigides : elles portent en elles des connaissances situationnelles, des nuances culturelles, des contextes sociaux et des interactions humaines.

Dans un monde idéal, la technologie devrait proposer des outils et des méthodes pour favoriser l’apprentissage des langues, mais ne devrait en aucun cas remplacer les expériences d’apprentissage de la vie réelle. Dans le monde de la traduction, les nouvelles technologies devraient aider les traducteurs dans leur travail et améliorer leurs performances, tout en restant des outils d’aide et de remplacement.

La technologie rend-elle nos vies plus faciles ? La réponse est OUI. Mais est-ce que « plus faciles » rime nécessairement avec « meilleures » ? Pas toujours. La technologie facilite et améliore certes notre vie quotidienne, mais il faut garder l’humain au centre de nos préoccupations : aussi performantes qu’elles soient, les machines ne pourront jamais remplacer la sensibilité, la culture, les connaissances et les émotions humaines.

 

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