Comment cette langue a-t-elle été adaptée à partir de l’allemand ?

Plusieurs langues sont parlées en Suisse, faisant de ce pays, un pays multilingue. Parmi ces langues, on retrouve le suisse allemand, langue qui regroupe les différents dialectes de l’allemand. Cette spécificité se retrouve dans d’autres régions du monde, par exemple les pays où l’on parle l’arabe. L’arabe « originel » est aujourd’hui principalement connu comme l’arabe littéraire et dans certains pays (au Maghreb notamment), on parle des dialectes de l’arabe littéraire. La compréhension entre les personnes parlant ces différentes variantes de l’arabe peut donc devenir difficile. Mais, est-ce le même cas avec le suisse allemand ?

Du côté de la Suisse alémanique, on ne parle pas allemand, mais bien le suisse allemand. Comment la langue a-t-elle évolué et quelles sont ses caractéristiques ? Comment se fait-il que du côté de la Suisse romande, on ne parle pas une langue comme le « suisse français » ?

Historiquement, ce sont les Alamans qui auraient introduit la langue germanique en Suisse. Celle-ci s’est peu à peu transformée en ce que l’on connaît comme le Suisse allemand. Cette langue n’a pas cessé de prendre de l’ampleur au fur et à mesure des années et fut de plus en plus parlée. C’est pourquoi à partir des années 80 environ, elle a acquis de plus en plus d’importance et fait partie aujourd’hui des 4 langues nationales de la Suisse (avec le français, l’italien et le romanche).

Le suisse allemand est très proche de l’allemand, car les deux langues se ressemblent en beaucoup de points, mais cela ne veut pas dire que sa compréhension est un jeu d’enfants pour tout le monde. En effet, un Suisse allemand pourra comprendre ce que son interlocuteur allemand lui dira avec plus de facilité que l’inverse. Cela peut s’expliquer par le fait que le Suisse allemand a une compréhension globale souvent meilleure de la langue allemande, car il l’a appris à l’école, ce qui n’est pas forcément le cas pour un allemand.

Voici quelques exemples afin d’illustrer les différences entre ces deux langues :

Allemand Suisse allemand (Zurich) Français
IHR IR VOUS
VIEL MALS VIEL MAL BEAUCOUP
FRAU FRAOU FEMME

 

Aujourd’hui, le suisse allemand est parlé dans toute la Suisse alémanique, mais le rapport avec l’allemand est « compliqué » ; tout le monde ne le comprend pas au sein même de la Suisse.

En effet, les Suisses allemands ont, en général, une excellente connaissance de la langue allemande, alors qu’en Suisse romande, c’est l’allemand que les élèves apprennent à l’école. De ce fait, ils peuvent avoir beaucoup de peine avec le suisse allemand, car ils sont peu confrontés à cette langue.

Cette étroite relation entre ces 2 langues se ressent également dans le domaine de la traduction. Les différences peuvent être complexes et ces 2 langues sont évidemment considérées comme 2 langues différentes, du fait que pour une seule phrase, la traduction vers l’allemand ou le suisse allemand peut être très différente. Ce ne sont bien sûr pas des fautes, mais un mauvais choix de langue cible peut provoquer une incompréhension chez le public cible.

Il convient alors de connaître le public cible auquel se destine votre traduction pour savoir quel allemand vous souhaitez employer.

Saviez-vous que la traduction a été utilisée dès la Mésopotamie ?

Le poème sumérien Gilgamesh fut traduit vers les langues asiatiques, au deuxième millénaire avant Jésus-Christ. Plus tard, des poètes romains ont traduit des textes de la Grèce antique et les ont adaptés pour en faire des œuvres littéraires.

Internet est entré un jour dans nos vies et a, lui aussi, joué un rôle moteur dans la croissance et l’expansion de la traduction dans le monde.
En effet, il a révolutionné notre façon d’accéder au monde entier et a rendu la traduction nécessaire afin d’être compris par tout le monde.

 

Grâce au développement numérique et l’essor du commerce international, la traduction est devenue indispensable dans nos vies. Pratiquement tous les objets ou les appareils que nous utilisons sont traduits, par exemple la notice d’utilisation ou encore l’interface d’utilisation d’un objet.

Combien de fois avez-vous fermé un site web, car il n’était pas dans votre langue et que vous ne le compreniez pas ?

Combien de fois avez-vous râlé contre des notices d’utilisation ou de montage qui n’étaient pas claires dans votre langue ?

Les besoins en traduction ont certes évolué, mais sont encore plus présents que pendant la Grèce antique. Aujourd’hui encore, nous faisons face à une nouvelle révolution : l’arrivée de l’intelligence artificielle qui connecte de plus en plus les outils du quotidien (réfrigérateurs, smartphones, alarmes, etc.).

 

Il est dit que la machine surpassera bientôt l’homme, mais est-ce aussi le cas pour la traduction ?

Dans un monde multilingue où les échanges sont de plus en plus fréquents, la traduction devient un facteur clé non seulement pour l’économie, mais aussi pour les sociétés et, de manière générale, pour l’évolution de notre civilisation.

 

Les évolutions technologiques récentes ont bouleversé nos vies quotidiennes au cours de ces 10 dernières années, et leur développement laisse présager un avenir où la technologie accompagnera nos moindres faits et gestes.

Mais faut-il voir leur omniprésence comme un accès illimité à des connaissances infinies, ou comme la fin de la nécessité d’apprendre ?

Prenons une situation qui parlera à grand nombre d’entre nous : l’apprentissage d’une langue. Lorsque j’ai commencé à apprendre l’anglais, j’avais un dictionnaire, un livre de grammaire et, les jours où j’avais de la chance, quelques DVD en anglais. Aujourd’hui, l’intelligence artificielle, la réalité augmentée et la réalité virtuelle offrent de nouvelles façons d’apprendre. Par exemple, Google propose un casque audio qui interprète les phrases en temps réel grâce à Google Traduction.

Il n’y a aucun doute là-dessus : la technologie facilite l’apprentissage des langues et propose des solutions et des outils innovants. Pourtant, beaucoup d’utilisateurs sont encore sceptiques vis-à-vis de la traduction ou de l’interprétation automatiques, et ce pour une raison simple : l’IA ne peut saisir les nuances humaines et culturelles qui sont omniprésentes dans la langue. Dans son livre « Head in the Cloud » (« La tête dans le Cloud »), William Poundstone soutient que bien que nous n’ayons jamais vécu dans un monde où l’information était si facilement accessible, nos connaissances s’amoindrissent et nous sommes très souvent mal informés (2016).

Contrairement aux mathématiques, les langues ne sont pas figées et évoluent constamment au rythme des cultures et des sociétés. Ce ne sont pas seulement des mots agencés dans des structures grammaticales rigides : elles portent en elles des connaissances situationnelles, des nuances culturelles, des contextes sociaux et des interactions humaines.

Dans un monde idéal, la technologie devrait proposer des outils et des méthodes pour favoriser l’apprentissage des langues, mais ne devrait en aucun cas remplacer les expériences d’apprentissage de la vie réelle. Dans le monde de la traduction, les nouvelles technologies devraient aider les traducteurs dans leur travail et améliorer leurs performances, tout en restant des outils d’aide et de remplacement.

La technologie rend-elle nos vies plus faciles ? La réponse est OUI. Mais est-ce que « plus faciles » rime nécessairement avec « meilleures » ? Pas toujours. La technologie facilite et améliore certes notre vie quotidienne, mais il faut garder l’humain au centre de nos préoccupations : aussi performantes qu’elles soient, les machines ne pourront jamais remplacer la sensibilité, la culture, les connaissances et les émotions humaines.

 

La crise sanitaire générée par la Covid-19 : un événement sans précédent qui a pris le monde de court.

Selon l’Office fédéral de la santé publique, le nombre de nouveaux cas, d’hospitalisations et de décès recensés quotidiennement en Suisse ne cesse de baisser. En revanche, les États-Unis sont actuellement le pays le plus touché. La Russie est également confrontée à une forte augmentation des contaminations. De plus, certains pays qui étaient parvenus à maîtriser la progression de la pandémie, comme le Japon et Singapour, font maintenant face à une deuxième vague. En cette période de crise sanitaire globale, la communication sur les risques joue un rôle essentiel afin de pouvoir prévenir la propagation de la pandémie autant que possible.

Communication sur les risques.

La communication sur les risques, telle que définie par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), est : l’échange en temps réel d’informations, de conseils et d’avis entre les experts, les responsables communautaires, les décideurs politiques et les populations en situation de risque.

En effet, lorsque survient une pandémie comme celle qui sévit actuellement, une communication efficace sur les risques permet aux populations d’assimiler les comportements à adopter pour se protéger. Elle fournit des moyens aux autorités pour réduire la désinformation et répondre aux inquiétudes de la population.  L’illustration ci-dessous est un exemple de communication sur les risques diffusé en Suisse.

La communication sur les risques est essentielle, mais ce n’est pas tout. Dans une situation de crise globale, le partage de l’information entre les pays et leurs institutions est un élément indispensable.

Partage de l’information

Le virus s’est propagé d’un pays à l’autre en fonction des cas de contamination. Ainsi, certains pays ont été touchés avant les autres et, à un moment donné, chaque pays traverse une étape différente de la vague de contamination. Par exemple lorsque l’Italie a connu son pic de contaminations, la Suisse se trouvait encore dans la phase initiale de la propagation du virus.

Ce décalage temporel a permis aux pays affectés les premiers de partager l’information avec les pays non encore frappés par la pandémie. Les gouvernements bénéficiant d’un partage clair de l’information ont pu se mobiliser en faisant preuve d’efficacité dans leur communication sur les risques.

Le partage de l’information a joué un rôle essentiel dans la gestion de la pandémie. Il reste d’une importance majeure alors que les pays envisagent la fin du confinement et le retour à la vie normale. Le succès de cette phase dépendra de l’application des directives de prévention communiquées par les autorités. Ces directives sont basées sur l’ensemble des informations partagées par les instances des différents pays au sujet de la pandémie. Il sera indispensable d’établir une concordance au niveau de la terminologie utilisée dans l’ensemble de la communication afin de garantir l’efficacité du partage de l’information.

Terminologie

D’après l’encyclopédie Universalis, la terminologie est la discipline qui traite des vocabulaires scientifiques ou techniques. Elle a pour but d’étudier la façon dont les sciences et les techniques désignent objets et phénomènes.

Lorsque les premières organisations internationales ont été fondées, il a fallu développer une terminologie multilingue permettant aux représentants des différents pays de communiquer avec clarté. La création de glossaires multilingues a permis l’instauration d’une terminologie assurant la concordance entre les différentes langues. Chaque domaine nécessite évidemment son propre glossaire et la crise sanitaire que le monde traverse actuellement ne fait pas exception.  Dans les premiers stades de la pandémie, l’information n’était disponible que dans un nombre de langues restreint, empêchant ainsi des populations entières d’avoir accès à des renseignements d’une importance capitale, faute de pouvoir les comprendre. Traducteurs Sans Frontières a donc développé un glossaire spécifique à la crise sanitaire générée par la Covid-19. Ce glossaire regroupe vingt-trois langues, notamment celles dans lesquelles l’information n’était pas disponible.

https://glossaries.translatorswb.org/covid19/

Quelles leçons pouvons-nous tirer de cette situation ?

Nous vivons dans un monde globalisé, témoin d’innombrables échanges multilingues. Dans le contexte d’une crise sanitaire globale, le partage de l’information, peut véritablement sauver des vies. La pratique du partage de l’information englobe impérativement la clarté de la terminologie choisie. La priorité est accordée à la qualité de la traduction et de l’interprétariat afin de prévenir tout malentendu et toute désinformation.

La crise sanitaire générée par la Covid-19 : un événement sans précédent qui a pris le monde de court.

Selon l’Office fédéral de la santé publique, le nombre de nouveaux cas, d’hospitalisations et de décès recensés quotidiennement en Suisse ne cesse de baisser. En revanche, les États-Unis sont actuellement le pays le plus touché. La Russie est également confrontée à une forte augmentation des contaminations. De plus, certains pays qui étaient parvenus à maîtriser la progression de la pandémie, comme le Japon et Singapour, font maintenant face à une deuxième vague. En cette période de crise sanitaire globale, la communication sur les risques joue un rôle essentiel afin de pouvoir prévenir la propagation de la pandémie autant que possible.

Communication sur les risques

La communication sur les risques, telle que définie par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), est : l’échange en temps réel d’informations, de conseils et d’avis entre les experts, les responsables communautaires, les décideurs politiques et les populations en situation de risque.

En effet, lorsque survient une pandémie comme celle qui sévit actuellement, une communication efficace sur les risques permet aux populations d’assimiler les comportements à adopter pour se protéger. Elle fournit des moyens aux autorités pour réduire la désinformation et répondre aux inquiétudes de la population.  L’illustration ci-dessous est un exemple de communication sur les risques diffusé en Suisse.

La communication sur les risques est essentielle, mais ce n’est pas tout. Dans une situation de crise globale, le partage de l’information entre les pays et leurs institutions est un élément indispensable.

Partage de l’information

Le virus s’est propagé d’un pays à l’autre en fonction des cas de contamination. Ainsi, certains pays ont été touchés avant les autres et, à un moment donné, chaque pays traverse une étape différente de la vague de contamination. Par exemple lorsque l’Italie a connu son pic de contaminations, la Suisse se trouvait encore dans la phase initiale de la propagation du virus.

Ce décalage temporel a permis aux pays affectés les premiers de partager l’information avec les pays non encore frappés par la pandémie. Les gouvernements bénéficiant d’un partage clair de l’information ont pu se mobiliser en faisant preuve d’efficacité dans leur communication sur les risques.

Le partage de l’information a joué un rôle essentiel dans la gestion de la pandémie. Il reste d’une importance majeure alors que les pays envisagent la fin du confinement et le retour à la vie normale. Le succès de cette phase dépendra de l’application des directives de prévention communiquées par les autorités. Ces directives sont basées sur l’ensemble des informations partagées par les instances des différents pays au sujet de la pandémie. Il sera indispensable d’établir une concordance au niveau de la terminologie utilisée dans l’ensemble de la communication afin de garantir l’efficacité du partage de l’information.

Terminologie

D’après l’encyclopédie Universalis, la terminologie est la discipline qui traite des vocabulaires scientifiques ou techniques. Elle a pour but d’étudier la façon dont les sciences et les techniques désignent objets et phénomènes.

Lorsque les premières organisations internationales ont été fondées, il a fallu développer une terminologie multilingue permettant aux représentants des différents pays de communiquer avec clarté. La création de glossaires multilingues a permis l’instauration d’une terminologie assurant la concordance entre les différentes langues. Chaque domaine nécessite évidemment son propre glossaire et la crise sanitaire que le monde traverse actuellement ne fait pas exception.  Dans les premiers stades de la pandémie, l’information n’était disponible que dans un nombre de langues restreint, empêchant ainsi des populations entières d’avoir accès à des renseignements d’une importance capitale, faute de pouvoir les comprendre. Traducteurs Sans Frontières a donc développé un glossaire spécifique à la crise sanitaire générée par la Covid-19. Ce glossaire regroupe vingt-trois langues, notamment celles dans lesquelles l’information n’était pas disponible.

https://glossaries.translatorswb.org/covid19/

Quelles leçons pouvons-nous tirer de cette situation ?

Nous vivons dans un monde globalisé, témoin d’innombrables échanges multilingues. Dans le contexte d’une crise sanitaire globale, le partage de l’information, peut véritablement sauver des vies. La pratique du partage de l’information englobe impérativement la clarté de la terminologie choisie. La priorité est accordée à la qualité de la traduction et de l’interprétariat afin de prévenir tout malentendu et toute désinformation.

 

Percevez-vous l’apprentissage d’une nouvelle langue comme un voyage vers l’inconnu ? Peut-être est-ce parce que vous venez d’un milieu unilingue ! Pour nous, Suisses, les langues étrangères font partie du quotidien. Ainsi, si la maîtrise de plusieurs langues est valorisée en France, il ne s’agit que d’une formalité dans un pays multilingue ! Cet article s’intéresse aux pays multilingues ainsi qu’aux enjeux qui y sont impliqués.

Tour d’horizon des régions multilingues

Saviez-vous qu’il existe plus d’États multilingues que monolingues dans le monde ? Ils sont en effet près d’une centaine ! Les deux pays où coexistent le plus d’idiomes sont la Papouasie-Nouvelle-Guinée (en plus des quatre officielles, 850 langues sont parlées) et le Mexique (l’espagnol est la langue officielle de facto, mais les 290 langues indigènes ont le statut de langues nationales).

Vient ensuite la Bolivie (37 langues parlées), suivie par le Zimbabwe, ex aequo avec la Pologne (16 langues parlées).

Côté occidental, prenons d’abord l’exemple de l’Espagne, avant de s’intéresser au cas suisse. Le castillan est la langue officielle fédérale, mais le basque, l’occitan ou encore le catalan sont reconnus dans leurs régions respectives. En Suisse, l’allemand, le français, l’italien et le romanche sont les quatre langues officielles.

La population suisse connaît en moyenne deux langues étrangères (parmi les pays européens, seul le Luxembourg -trois langues- est au-dessus de la Suisse. En effet, 71% des alémaniques parlent le français et ils sont 67% à parler anglais. Parmi les francophones, 47% parlent allemand (ou suisse allemand) et 43% parlent anglais.

 

Enjeux liés au multilinguisme

Il existe de multiples enjeux au fait de maîtriser plusieurs langues. Le plus évident d’entre eux est bien sûr la mondialisation des échanges. Parler plusieurs langues facilite la communication interindividuelle (notons que l’existence de langues pivots, comme l’anglais est souvent très utile). Allons encore plus loin. De nouvelles études ont montré que le cerveau d’un bilingue est plus rapide et agile que celui d’un monolingue et plus apte à faire face à des ambiguïtés et à résoudre des conflits !

Si le multilinguisme constitue donc un véritable atout dans un espace donné, notons qu’il peut également constituer un frein. C’est le cas de l’Union Européenne où coexistent près de 24 langues officielles. La question linguistique constitue donc un vrai défi ! En effet, force est de constater que face à l’obstacle du dialogue interculturel, les Européens choisissent souvent l’anglais pour échanger.

Percevant le multilinguisme comme un enjeu majeur du XXIe siècle, dans certains États, les Conseils d’enseignement public ont ouvert des classes bilingues, parfois dès la maternelle ! C’est par exemple le cas en Californie et en Floride, ou la langue majoritaire n’est plus l’anglais, mais l’espagnol.

« Une langue disparaît toutes les deux semaines » (1). Voici la formule choc annoncée par le linguiste Claude Hagège afin de souligner l’urgence. Selon l’UNESCO, près de la moitié des langues actuelles devrait disparaître d’ici la fin du XXIe siècle. En effet, de nos jours, moins de 10 langues sont parlées par 40% de la population mondiale. Cet article s’intéresse aux idiomes en danger ainsi qu’aux causes de leur disparition.

 

 

Tour d’horizon des langues en voie de disparition

Les langues sont en train de disparaître à un rythme qui s’accélère d’année en année. Ce phénomène préoccupant s’observe sur l’ensemble des continents, selon des proportions plus ou moins alarmantes. L’UNESCO considère qu’environ 3 000 langues sont en danger dans le monde avec différents niveaux de vitalité (2), variant de la manière indiquée par le tableau ci-dessous.

 

L’édition interactive en ligne de l’Atlas UNESCO des langues en danger dans le monde présente les données suivantes.

 

On constate que l’Asie est la région comprenant le plus de langues en danger, avec un total de 1113 idiomes. Parmi les pays concernés, l’Inde est la nation la plus touchée avec 197 langues en voie de disparition suivie par la Chine (144 langues en danger), l’Indonésie (143), et la Russie (131). En Amérique, près de 90% des idiomes sont en train de disparaître. Notons que toutes sont des langues autochtones (parlées par les populations amérindiennes). Les pays les plus touchés par ces disparitions sont les États-Unis (191 langues en danger dont 54 déjà éteintes), le Brésil (190), le Mexique (143) et le Canada (87).

Côté pacifique, l’Australie et la Papouasie-Nouvelle Guinée (pays le plus multilingue au monde) sont massivement touchés, avec respectivement 108 et 98 langues en voie de disparition.  Notons enfin que l’Afrique et l’Europe ne sont pas épargnés par ce phénomène de déclin des langues, avec, pour l’Europe, une proportion qui demeure tout de même moins importante que pour les autres continents.

 

Phénomènes à l’origine de ces disparitions 

L’une des premières raisons pour lesquelles la moitié des langues parlées risque de disparaître réside dans le fait…qu’elles soient justement parlées ! En effet, les idiomes en danger sont majoritairement des langues de tradition orale, rendant difficile la collecte de données pour les linguistes, qui ne perdent pourtant pas espoir.

Bien entendu, l’un des facteurs majeurs de ces disparitions est la nécessité de simplifier les échanges commerciaux et politiques. Ainsi au cours de l’histoire, certaines langues ont été privilégiées (l’anglais, le mandarin, l’hindi, l’espagnol ou encore le français) afin de servir de vecteurs de communication entre différents peuples. En outre dans une optique délibérée (la colonisation d’un espace) ou inconsciente (la domination culturelle), le cloisonnement linguistique entre deux peuples a peu à peu laissé place à une disparition d’une langue au profit de l’autre. C’est le cas par exemple de la majorité des États d’Amérique et d’Afrique (principalement anglophones, hispanophones et francophones).

Autre aspect non négligeable, les flux de population suite à l’urbanisation et l’industrialisation de l’espace. En effet, les phénomènes d’immigration, impliquent que de nombreuses familles ont progressivement délaissé leur langue d’origine, dans une optique d’intégration au sein d’une société nouvelle. Il suffit alors d’une génération pour perdre l’héritage d’une langue maternelle.

Face à ce constat, depuis 2003, l’ONU reconnait la diversité linguistique comme « patrimoine culturel immatériel de l’humanité » (3). L’Europe a également adopté des mesures de protection depuis 1992, en élaborant une Charte européenne des les langues régionales ou minoritaires (4). Ainsi, face à ce déclin progressif, un certain nombre d’actions (dont la publication de l’Atlas participatif par l’UNESCO ou encore l’incitation à l’apprentissage de langues minoritaires) sont menées afin de susciter une prise de conscience des autorités, des communautés de locuteurs, mais également de l’opinion publique, afin de revitaliser certains idiomes, et ainsi de maintenir la diversité linguistique mondiale.

 

Sources :

(1) Claude Hagège, Halte à la mort des langues, Éditions Odile Jacob, septembre 2002.

(2) Oseley, Christopher (ed.). 2010. Atlas des langues en danger dans le monde, 3e edition. Paris, Éditions UNESCO.

(3) URL : https://ich.unesco.org/fr/qu-est-ce-que-le-patrimoine-culturel-immateriel-00003

(4) URL : https://rm.coe.int/168007c07e

Avoir une grenouille dans la gorge ou la traduction d’expressions figées

Les expressions idiomatiques font partie intégrante de notre vocabulaire quotidien. Parce qu’elles sont souvent imagées et métaphoriques, il est presque impossible de traduire littéralement une expression dans une autre langue. Ainsi, un anglo-saxon qui aurait l’idée de le faire, ne serait pas “stupid as his feet” (bête comme ses pieds), mais plutôt “as thick as a brick” ! Petit tour d’horizon des expressions francophones et de leur équivalent en anglais.

Les expressions (presque) transposables littéralement

Si une expression ne se traduit quasi jamais mot-à-mot dans une autre langue, son équivalent peut en être parfois étonnamment proche ! Par exemple, s’il est enroué, vous ne rencontrerez jamais un anglophone avec un chat dans la gorge, même s’il aura bel et bien un animal au milieu de ses cordes vocales. Il s’agira en l’occurrence…d’une grenouille (to have a frog in one’s throat) ! En revanche, par chance, pour lui souhaiter un bon rétablissement, l’expression employée sera la même outre-manche, il suffira de croiser les doigts (crossing one’s fingers).

Notons que certaines tournures francophones, jugées aujourd’hui archaïques, ont été remplacées par leur équivalent littéral anglophone. Ainsi, de nos jours, quelqu’un qui n’a pas le sens des réalités ne baillera plus aux corneilles mais aura plutôt la tête dans les nuages (to have one’s head in the clouds). Idem, alors qu’au XIXe siècle, on dirait d’un Français ayant trop bu qu’il a pris une biture, on se contentera aujourd’hui de constater qu’il est pompette (to be tipsy).

 

Les expressions littéralement intraduisibles

Parce qu’une expression est bien souvent la vitrine d’une culture, la plupart d’entre elle sont absolument intraduisibles littéralement. Si un évènement n’est par exemple pas près d’arriver, les anglophones n’attendront pas que les poules aient des dents, mais plutôt que les cochons volent (when pigs fly). Aussi, en anglais, on ne tue pas dans l’œuf mais dans le bourgeon (to nip something in the bud), et on n’a pas d’autres chats à fouetter, mais plutôt d’autres poissons à frire (to have other fish to fry) ! Vous l’aurez donc bien compris, l’emploi d’une expression implique toujours une mémorisation préalable.

En définitive, le lexique d’un idiome est loin d’être uniquement composé de mots simples et les expressions, souvent figées et opaques, n’autorisent presque jamais une traduction littérale. Ainsi, la traduction de certaines locutions pose bien souvent problème, d’autant plus que les langues sources et cibles appartiennent à deux systèmes linguistiques différents !

Pour aller plus loin, voici une liste d’expressions françaises avec leur équivalent anglophone.

Saviez-vous que parmi les 7 000 langues qui existent, seuls 2,5% d’entre elles sont parlées par près de 90% de la population mondiale (soit plus de 7 milliards d’habitants) ?

Au sein de cette nébuleuse d’idiomes, l’anglais et le français rassemblent près de 1,5 milliard de locuteurs, suivis par le mandarin et l’hindi.[1] Pourtant, lorsqu’il est question d’échanges internationaux et de diplomatie, c’est la langue de Shakespeare qui s’est peu à peu érigée au rang de langue de référence.

Un moyen de fédérer les États

Si l’on se réfère à la population par pays, le mandarin et l’hindi sont largement en tête ; mais il est intéressant de constater qu’en termes de nombre de pays, l’anglais, le français, l’arabe, l’espagnol et le portugais sont les langues les plus répandues !

Au cours de l’Histoire, certains idiomes se sont en effet positionnés comme catalyseurs, en favorisant la coopération entre les États sur fond de relations historiques. En effet, aux XIXe et XXe siècles, la colonisation des continents américain, africain et asiatique a joué un rôle essentiel sur l’expansion mondiale des langues occidentales.

Ce passé historique a finalement favorisé l’élaboration d’institutions internationales, fédérant des États pourtant géographiquement et culturellement éloignés. Ainsi, autour d’un enjeu linguistique fédérateur, ces politiques de coopération sous-tendent une étroite collaboration entre les États membres, sur d’autres plans stratégiques (économique, social et miliaire, par exemple).

Un moyen d’affirmation identitaire

La langue peut être perçue comme un enjeu de pouvoir, et devenir ainsi l’objet de conflit. C’est d’autant plus le cas dans certaines régions où il existe un mouvement nationaliste, comme en Catalogne, par exemple.

Ainsi, préférer l’idiome local à la langue nationale n’est pas toujours un choix anodin et peut s’appuyer sur une véritable conviction politique. En imposant leur langue, les nationalistes s’assurent donc une certaine reconquête de leur territoire.

Notons d’ailleurs qu’en 1992, avec la Charte européenne des langues régionales ou minoritaires, le Conseil de l’Europe a encouragé « la protection des langues régionales et minoritaires historiques de l’Europe dont certaines risquent, au fil du temps, de disparaître, pour contribuer à maintenir et à développer les traditions et la richesse culturelles de l’Europe »[2].

Ainsi, à travers la promotion de son idiome, une puissance linguistique est capable d’assurer une influence à l’échelle internationale, s’assurant ainsi d’une certaine hégémonie. À l’inverse, une langue peut également être un vecteur de différenciation et d’affirmation culturelle, à l’image du catalan se différenciant de l’espagnol.

Il semble donc que dans un sens ou dans l’autre, la question linguistique peut se transformer en véritable instrument géopolitique !

[1] Source : Ethnologue, 22e édition 2018.

[2] URL : https://www.coe.int/fr/web/conventions/full-list/-/conventions/treaty/148

 

L’équipe Swisstranslate a participé ce weekend à la 15ème édition du Harmony Genève Marathon.

Soutenue par des associations comme l’Unicef, cette course a pour objectif de récolter des fonds afin de défendre le développement durable à travers le monde, comme l’accès à l’eau. Swisstranslate partage ces valeurs et ces convictions, et tenait à participer à cette course afin de soutenir et encourager fièrement les motivations de l’évènement.

 

Cette année, le Harmony Genève Marathon s’est associé à la campagne «  Courez pour la planète  », pour sensibiliser les participants et le grand public aux projets visant à rendre l’évènement, mais également le monde plus durable. Au travers de cette course, l’équipe Swisstranslate s’est engagée à :

 

– respecter les valeurs du sport, à savoir l’entraide, le partage et la convivialité,

– utiliser autant que possible les transports en commun, le covoiturage ou une alternative moins polluante,

– réduire, réutiliser et recycler ses déchets,

– respecter et préserver la faune et la flore,

– faire attention à sa consommation d’eau et favoriser l’eau du robinet,

– sensibiliser son entourage au sujet et les encourager à les rejoindre dans cette action.

 

Nous tenons donc à remercier les organisateurs ainsi que tous les participants de cette course qui, nous l’espérons, parviendront à prendre conscience des différentes problématiques concernant le développement durable.

Swisstranslate